Mes chers compatriotes,
Le moment est venu d’engager une réflexion lucide et courageuse sur la nature même de nos institutions. L’histoire nous enseigne que les structures politiques ne sont jamais neutres : elles procèdent d’un contexte, d’une époque, d’une vision du monde. Or, nombre des mécanismes qui organisent aujourd’hui notre vie publique s’inscrivent dans un modèle hérité d’un parlementarisme représentatif fondé sur la primauté des partis idéologiques et consolidé par l’architecture monétaire moderne autour de la banque centrale.
Il nous appartient d’examiner, avec discernement et sans passion, si ces cadres répondent encore pleinement aux exigences de la souveraineté nationale et aux aspirations profondes du peuple français.
Le projet de refondation institutionnelle qui s’ouvre à nous sous l’appellation Révoludroit ne constitue pas une rupture désordonnée avec notre passé ; il s’inscrit au contraire dans une volonté de continuité historique. Il s’agit de réinscrire notre organisation politique dans la longue durée de notre tradition juridique et civilisationnelle, riche de plus d’un millénaire d’expériences, de principes et d’équilibres éprouvés.
Toute Nation est traversée par la pluralité des intérêts et des réalités humaines. L’art politique ne consiste pas à nier cette diversité, mais à l’ordonner autour d’un bien commun clairement défini. C’est dans cette perspective que nous devons repenser nos institutions : non comme l’expression d’abstractions idéologiques, mais comme l’architecture vivante d’une communauté politique consciente de son histoire, de ses responsabilités et de son destin.
Les mutations technologiques en cours ne doivent pas être redoutées. Elles sont des instruments ; leur finalité dépend de l’usage que nous en faisons. Elles peuvent être mises au service d’une réappropriation de notre liberté, de notre responsabilité et de notre humanité. À nous de veiller à ce qu’elles renforcent la cohésion nationale au lieu d’alimenter les divisions.
Refonder notre édifice institutionnel suppose également de restaurer la clarté du langage public. Lorsque les mots se détachent du réel, lorsque les concepts s’éloignent de l’expérience vécue, le débat s’égare et la communauté se fragmente. Il nous revient de redonner aux principes juridiques et politiques leur enracinement dans le réel, dans l’expérience humaine concrète, dans une conception exigeante du droit et de la justice.
La France ne manque ni d’histoire, ni de ressources intellectuelles, ni d’énergie morale. Elle a su, à plusieurs reprises, réinventer ses institutions pour les mettre en accord avec son génie propre et avec les défis de son temps.
C’est à cette œuvre de lucidité, de responsabilité et d’unité que nous sommes appelés. Refonder, ce n’est pas détruire : c’est retrouver les principes fondamentaux qui ont permis l’essor de notre civilisation et les adapter avec prudence et détermination aux exigences du présent.
Il nous appartient, ensemble, de redonner à la Nation les moyens institutionnels de son indépendance, de sa cohésion et de sa prospérité.
Je suis une analyste juridique et politique spécialisée dans les questions de réforme institutionnelle et de souveraineté. À travers le projet Révoludroit, j’explore de nouveaux cadres pour le renouveau politique et juridique.
Valérie Bugault